musiQC numériQC

Interview d’artiste: Rookie Rook

Rookie Rook, alias Julien Imbert, réalise ses rêves en ce moment même, en jouant un peu partout au Québec. Cet été, il frappe fort avec un concert très réussi le 9 juillet dernier au Festival International de Percussions, mais surtout avec un concert très attendu le 17 juillet au Festival International Nuits d’Afrique.

Rook est passé d’instructeur de vol en aviation à chanteur reggae en un an. Cette dernière année a été passée à sillonner les bars et salles de musique du Québec, et à préparer un album qui sortira en septembre 2015.

L’auto-gérance, c’est possible

rookie rookCette année a aussi été une année d’apprentissage pour Rook, qui gère tout lui même incluant les médias sociaux, et les bookings. Son principe: toujours rémunérer les gens avec qui il travaille!

“Nos réseaux sont important, il faut le faire vivre, il faut rémunérer les musiciens et toutes les personnes qui bossent sur les différents aspects. On peut pas toujours attendre les subventions ou autre.”

Tout en construisant sa carrière de musicien, qui lui apporte tout de même un petit revenu à force de jouer live, il travaille sur le côté comme pigiste afin de financer son aventure.

Quand il ne travaille pas comme technicien de son, il se consacre des blocs d’heures pour écrire, et enregistrer, répéter et évidemment jouer devant qui dansera devant lui.

Toutes les voix sont enregistrées chez lui, avec Cubase, et différents amis l’aident pour les arrangements et autres finissions ainsi que tout ce qui est enregistrements en studio.

Label ou pas?

Rook se questionne en ce moment, avec des offres de labels qui commencent à rentrer. Pour l’instant, l’auto-gérance marche plutôt bien pour lui, et il y trouve un certain équilibre qu’il y n’est pas sur de vouloir lacher en signant avec un label.

Surtout qu’il n’est pas si sur de vouloir sortir un album physique, mais plutôt tout orienter en digital et d’innover peut-être dans d’autres formats, comme par exemple son idée de faire un t-shirt attaché à une carte de téléchargement ou autre format qui peut aussi transmettre une certaine créativité.

“Pour le format, il faut vivre avec son temps, je suis ouvert à différentes options, je trouve ça très créatif.”

Sa vidéo “teaser” du prochain album, intitulée “Tu es ma vie” a eu plus de retombée que le titre qu’il avait sorti sur CD Baby pour faire un test. D’où un prolongement de son questionnement sur l’utilité des labels dans son cas et de leur implication dans une formule plus “classique”.

Pour tout ce qui est streaming, le chanteur se prononce en pensant au futur que l’on ne peut pas contourner:

“Il faut qu’il se crée quelque chose. C’est un nouveau format que l’on peut pas éviter. J’étais tombé sur un article sur les Soeurs Boulays et les retombées ridicules qu’elles faisaient. J’ai pas trop suivi, donc je ne veux pas trop donner de point de vue, mais les vinyls et les CD marchent toujours, surtout en reggae, le vinyl marche bien. Si je pars avec un format carte de téléchargement avec un t-shirt, je pars ça en indépendant. Ce qui est intéressant c’est que j’aurai géré tout de A à Z moi-même, alors que de sortir un CD couterait trop cher, donc je devrais passer par un label.”

Évidemment, son questionnement se pose aussi sur le côté positif du système de labels qui peuvent aussi amener un soutien intéressant pour obtenir des subventions, pour faire les bookings, et autres taches administratives qui lui laisserait encore plus de temps pour la partie créative.

Le socio-financement

“Je ne veux pas faire de socio financement pour ma musique. Je n’y crois pas dans mon cas et dans le domaine du financement d’album! J’ai donné $30 au petit jeune qui a inventé ce système pour nettoyer les océans, ça me botte, mais pour faire un album? Non! Fais ton album et essaye de le vendre pour récupérer tes coups.
Mais si on demande de l’argent pour faire l’album puis après aussi pour l’acheter, dans un système de socio financement, on se retrouve dans un projet politique, ça n’a plus aucun sens! Je suis content pour ceux qui arrivent à financer leurs projets comme ça, tant mieux pour eux, je respecte leurs choix, mais moi je ne veux pas faire ça comme ça, je n’y crois pas!”

“je trouve ça un peu facile de toujours se dire qu’on peut tout financer avec ces sites, je n’ai pas envie d’harceler mes fans avec des emails pour constamment venir sur mes campagnes de financement pour faire un projet.”

Rookie Rook sera au Festival Nuits d’Afrique le 17 juillet 2015 à 20h au parterre du Quartier des Spectacles.
Son album « Tous les jours » (#tlj) sortira mi septembre.

2 comments for “Interview d’artiste: Rookie Rook

  1. 25 juillet 2015 at 18 h 00 min

    J’ai découvert Rookie Rook en concert le 17 juillet dernier sur la scène extérieur du Festival International Nuits d’Afrique grâce à cet article et à la curiosité de découvrir sur scène cet artiste croisé au musiQClab. Qu’elle ne fut pas ma surprise de voir toute cette énergie sur scène à essayer d’entrainer et faire participer le public avec ses mains en l’air malgré la pluie incessante. Je ne regrette certainement pas de m’être déplacée.

    En ce qui concerne les choix des artistes, ils sont pas mal identiques pour tous, label ou pas? Sortie physique ou pas? Streaming ou pas? Le numérique change la donne! Et pour le socio financement, en tant que consommatrice, je ne vois pas ça comme un projet politique mais plus comme de la prévente. Quand on veut soutenir un artiste, que l’on donne l’argent avant ou après, je dirais que c’est plutôt stimulant de se dire que c’est avec cet argent que le contenu que l’on recevra a été utilisé! Un peu comme si je participe au projet en amont, c’est une fierté!

  2. 15 septembre 2015 at 11 h 08 min

    Merci Sèverine et Musiqcnumeriqc , c’est un réel plaisir d’échanger avec vous. Il me fera plaisir de faire suite à cet interview avec la venue de l’album en octobre. Un gros merci à toute votre superbe équipe de passionné.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *